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jeudi 26 novembre 2009

Patrick Balkany candidat au Goncourt 2010

On connait Patrick Balkany comme un ami proche du président de la république. Accessoirement, il est aussi député maire UMP de Levallois-Perret dans les Hauts de Seine, le département le plus riche de France. Après des démêles avec la justice, qui l'avait rendu inéligible quelques temps, les électeurs, qui apprécient certainement les qualités du personnage, l'ont reconduit dans ses différents mandats.

Jusque là, cet homme politique n'avait guère fait parler de lui dans les cercles littéraires. C'est aujourd'hui chose faite, il a dévoilé dans une interview télévisée exclusive, un récit exemplaire, plein de nuances et de finesses sur le thème de la France éternelle. Dans une période de difficultés économiques, sociales, culturelles et politiques, sans précédent, Patrick Balkany a su faire sonner justement les mots de notre belle langue française, pour rendre plus vraie que nature, Sa France généreuse, où la pauvreté est relative car chacun paie selon ces moyens, Sa France tolérante, qui n'interne pas les marginaux, libres qu'ils sont de choisir de vivre dans la rue si tel est leur projet, Sa France magnanime, qui prévoie malgré tout pour eux, des hébergements d'urgence en cas de coup dur, de grand froid, pour qu'ils puissent trouver refuge même contre leur gré, et ainsi poursuivre leur projet jusqu'à son terme.

Eric Raoult, qui récemment a fustigé l'ingratitude de la dernière lauréate du prix Goncourt, Marie N'Diaye, peut exulter. Enfin il tient cet auteur qui fait rayonner le génie français bien au delà de nos frontières. Il tient aussi la preuve du lien étroit qu'entretient l'économie avec l'image qu'on peut donner à l'étranger, puisque même le CAC 40 aurait donné des signes de frémissement : des milliardaires de toutes les nationalités se seraient déclarés prêts à mettre le prix fort pour acquérir ce petit coin de paradis, qu'est notre beau pays : la France.

Ce talent caché pour les contes et les arts du récit n'avait pas échappé à Gaël Tchakaloff qui avait dressé un portrait de Patrick Balkany dans le nouvel Economiste de décembre 2004. Dans cet article, le journaliste a vraiment su mettre en perspective le parcours romanesque de cet homme politique hors normes. Dans un passage intitulé, le petit chaperon bleu (en référence à la couleur de sa famille politique), on peut voir comment une suite d'événements prosaïques est incarnée avec bonheur dans la trame d'un conte populaire. Je cite :

"Politiquement dévoré par un loup déguisé en mère-grand. Personnellement perdu dans une forêt amoureuse. Voici comment il raconte ses déboires… Il a de sacrés dons de conteur, ce Patrick.(...). Poursuivi pour diffamation par le juge Halphen ; battu aux élections municipales par Olivier de Chazeaux ; condamné à quinze mois de prison avec sursis, 200 000 francs d’amende et deux ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêts ; mis en examen pour détournement de fonds publics provenant des œuvres sociales de la ville… Voilà une traversée du désert comme on en fait plus. Sa conquête amoureuse de Sybille Jacquin de Margerie, livrée aux médias, n’a rien arrangé. Il s’en explique aujourd’hui : « J’ai eu une passion amoureuse, comme cela arrive à beaucoup d’hommes, je crois. Après une dispute très banale, Sybille est descendue dans la rue. Il se trouve que j’avais à l’époque un permis de détention d’armes, et cela s’est traduit par une dépêche indiquant que je l’avais menacée… »(!) Alors, il est parti pour Saint-Martin. Un exil de trois ans, durant lequel il monte une régie publicitaire, pour passer le temps. Rattrapé par sa réputation, le CSA le somme, en 1998, de cesser les émissions de la radio qu’il s’est appropriée…"

En comparaison, le dernier succès en librairie de Fréderic Mitterrand peut paraître un peu fade. Les histoires tortueuses, de boxeurs Thaïs de plus de quarante ans sont lourdes à digérer, trop ténébreuses, trop d'épaisseur. Par contre dans les années à venir, il faudra conter avec l'exotisme intérieur d'un Patrick Balkany, maître de la fiction sociale, un genre nouveau, qui mêle l'argumentaire de la vente à domicile à l'épopée d'une nation en quête d'une prophétie qui se réalise enfin.

mardi 3 novembre 2009

Fédérer les blogs

On peut commencer par reprendre l'intervention que Fréderic Lefebvre avait fait à l'assemblée nationale l'an dernier :

« L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes !
Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ?
Combien faudra-t-il de morts suite à l’absorption de faux médicaments ?
Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ?
Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ?
Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ?
Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde. [...]
La mafia s’est toujours développée là ou l’État était absent ; de même, les trafiquants d’armes, de médicaments ou d’objets volés et les proxénètes ont trouvé refuge sur Internet, et les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs y ont fait leur nid. »


On peut lire cet article qui lui a été consacré à ce moment là. Au passage on peut aussi apprécier sa photo.

Et on peut constater que cette position a été reprise par l'un des régimes les plus démocratiques de la planête, la démocratie dirigée de la Russie. En effet dans un article plus récent daté du mois de septembre, on peut lire que les mêmes arguments sont repris par le Kremlin pour justifier la nécessité d'une censure sur internet (lire l'article). Une censure qui n'est évidemment pas établie par l'état, donc pas politique, mais par "un corps indépendant" qui déciderait de ce qui est acceptable ou pas. Une sorte de conseil de l'ordre des journalistes comme l'ont encore proposé très récemment certains députés de la majorité afin de limiter les dérapages médiatiques (ceux des affaires Mitterrand, ou Jean Sarkosy). On pourrait sans crier gare glicer d'un régime hyper-présidentiel, à un régime ultra-présidentiel, passer de l'idée des pouvoirs concentrés pour gagner en efficacité, à celle des pouvoirs encore plus concentrés pour que cette efficacité ne soit plus contestée.

jeudi 29 octobre 2009

Encore merci

Il faut remercier le contribuable Américain qui en renflouant les banques à coup de milliards leur permettent de financer en milliards des campagnes de lobbying vers les élus afin qu'ils ne votent pas les réformes du système destinés à mieux régulés l'économie. Un petit investissement de la part des banques qui en cas de nouvelle crise pourrait encore leur permettre de gagner le Jack-pot : un nouveau sauvetage des banques en urgence aux frais de la princesse. Ce serait dommage de s'en priver. Un petit investissement en rapport de ce que cela peut rapporter, mais aussi au vu de ce qu'investissent les industries de la santé dans la valeur sénateur et représentant. Au rythme où vont les choses, les élus pourrons verser un petit pécule aux électeurs avant qu'ils aillent voter, ou pour aller encore plus vite, et se passer d'intermédiaires loyaux mais encombrants, les banques pourraient payer leurs clients pour qu'ils investissent dans des fonds pourris. Du gagnant gagnant quoi !

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