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dimanche 15 septembre 2013

Label Ploum




Par l'intermédiaire de planet libre, je suis tombé sur les articles de Ploum.net, très bien écrits, longs, toujours intéressants, variant de la recension d'articles scientifiques, à la publication de nouvelles, au partage d'expérience... En cette période où l'évolution du Web et d'internet génère tant de déceptions et d'inquiétudes, ça fait plaisir !

C'est toujours étonnant de constater qu'en matière de communication scientifique on trouve plus de contenu sur les sites dédiés aux logiciels libres, sous licence creative commons, que sur des plates formes "officielles" consacrées à la culture scientifique et technique voir industrielle, qui elles sont ostensiblement financées par la ville, le département, la région, l'état, les agences de l'état, etc. A propos des sciences, le contribuable paie non pas de l'information, mais une forme, une enveloppe vide souvent fortement cocaïnée, parce que l'innovation ça va si vite, à laquelle il est invité ou fortement incité à contribuer sous peine de rester à la traîne du mouvement, et pour dire aussi, que leur plate forme sert à quelque chose.

Je suis carrément fasciné par le jargon, i-jargon que ces plates formes déploie. Ces gens là pour dire "passe moi le sel !", ils disent : "PML I-salt v1.0 " parce qu'ils comptent en redemander, le tout suivi par des ©, ®, parce qu'ils ont déposés le décodeur, et trouvent que le sel dans l'ilife c'est toujours amazing ou génial selon, en attendant la suite encore plus géniale : le PML I-payper V1.0 Beta, qu'on attend tous et qui va libérer le piment i-caramba, ustensile techniquement pointu, géniteur de la gloire et du succès pour les connaisseurs...

Une grande idée gratuite d'innovation technologique et scientifique ou d'i-novation (mais le concept est déposé) serait d'inverser la tendance. J'ai trouvé cette interprétation du mythe de la Tour de Babel dans Wikipédia :

"Selon Alexander Hislop, le fondateur de Babylone, Koush, père de Nemrod, s'identifierait à Hermès. Ainsi ce qui caractériserait le régime Babylonien serait la découverte des langages secrets, de l'Hermétisme (ce qui est caché), et ceci dans un but de Pouvoir. Pouvoir fondé sur la confusion des esprits et l'apparition de jargons, c'est-à-dire de langages à double sens compris seulement par les initiés, et au sens profond desquels la masse des humains n'aurait pas accès. Les classes supérieures apparaissent alors qui connaissent les langages secrets (prêtres et nobles guerriers). Babylone est la première des sociétés hiérarchiques et spécialisées, préfigurant toutes les civilisations suivantes avec leurs classes sociales, elle est fondée sur la rétention d'information et donc de la valeur. L'information et la valeur sont thésaurisées (capitalisées) par les classes nobles et sacerdotales. Le gros de la population reçoit une information simplifiée, dénuée d'intérêt, inopérante, destinée à produire une image insensée du monde: la superstition, entretenue par le clergé.
C'est dans cette volonté de promouvoir des langages secrets que réside le pouvoir des classes supérieures, et aussi la cause de la confusion des langages et leur multiplication parmi les peuples. Les humains de Babel (Babylone) trouvent ainsi leur punition dans le système de pouvoir qu'ils ont eux-mêmes inventé."

Alors voilà peut-être pourquoi nos contributions et taxes servent à nous rendre hermétiques à tout contenu, fanatiques du sigle, mais chacun son sigle, amazing du vendredi 13 qui porte bonheur ou d'un autre jour peu importe du moment que c'est génial. Ploum et sa plume planent à contre courant, prennent le temps d'expliciter les clés pour envisager les trucs et astuces, la façon magique dont les pouvoirs, politiques, industriels, culturels, intellectuels utilisent la science pour conserver et reproduire leur domination.


mardi 15 décembre 2009

En vrac

Racaille ou canaille (Benoît Hamon) le chômage a dû mal compter ses ouailles : oups-l-insee-vient-de-decouvrir-80-66571

La suisse plus sensible à la souffrance animale qu'aux charmes orientaux des minarets : des avocats pour animaux...

Les entreprises du CAC 40 paient seulement 2.3 fois moins d'impôts que les PME : elles doivent pouvoir faire encore mieux. De toutes les façons elle ne créent déjà plus d'emplois en France et font leurs profits à l'étranger. C'est toujours ça de pris pour pouvoir les renflouer en cas de pépin !

Des drapeaux étrangers pour les mariages, des jeunes qui parlent verlan, des casquettes de travers, l'accent pas comme chez nous. Décidément ils ne sont vraiment pas comme nous ! Et ça défoule !
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/12/15/morano-demande-aux-jeunes-musulmans-francais-de-ne-plus-parler-verlan_1280656_823448.html#xtor=RSS-3208

http://www.rue89.com/2009/12/10/interdire-les-drapeaux-etrangers-lump-singe-le-fn-129414

Nocivité des chiffres, nocivité des minarets et de la tolérance, vous reprendrez bien un peu de maïs OGM pour reprendre des forces : sans façon, il paraitrait que ça rendrait menteur et raciste, même les animaux n'en veulent plus, d'ailleurs ils ont engagé des avocats pour changer de régime.  http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/12/11/une-etude-prouve-la-nocivite-pour-l-organisme-de-trois-mais-monsanto_1279552_3244.html#xtor=RSS-3208

Une prime à la logique du bouc émissaire : à faire porter par une partie de la population, une communauté ou une catégorie de gens, la responsabilité des problèmes d'une nation ; on met des visages sur les problèmes, on fait focaliser tout le mécontentement de l'opinion sur ces personnes, on les stigmatise, mais on peut aussi aller beaucoup plus loin... Des solutions intermédiaires ou finales... Les poissons rouges ne s'en souviennent plus. Il y a d'autres avocats pour plaider la cause des poissons rouges. Non ? Le bon et le mauvais racisme

Grand emprunt

L'état va emprunter 10 milliards d'euros pour financer 10 projets d'avenir liés au développement de la recherche, de l'innovation et des universités. Le mécanisme est le suivant pour chaque projet : l'état emprunte sur le marché 1 milliard, qu'il reverse à un organisme universitaire. Celui-ci en dispose comme d'un capital donc il l'investit sur le marché, en rachetant l'emprunt d'état. Résultat : l'organisme universitaire récupère les intérêts de l'emprunt, environ 4%, soit 40 millions d'euros par ans. Mais comme ces intérêts, c'est l'état qui les doit, ce sont donc les contribuables, tous les contribuables qui financent en fait ces projets.

Qu'est-ce que cet argent finance ? On parle de grands pôles de compétence autonomes associant les universités, les grandes écoles, les établissements de la recherche, et les entreprises, autour des défis industriels générés par le développement prochain de "l'économie de la connaissance". Il est très probables qu'à travers les grandes écoles, les grands corps d'état (comme par exemple le corps des mines) associés aux groupes industriels nationaux prennent une part importante dans le pilotage de ces projets. Autrement dit cet emprunt va participer fortement au financement du secteur nucléaire, ou de celui des nanotechnologies. A priori, ce n'est pas un mal en soi, mais...

Il y a simplement et depuis longtemps des interrogations récurrentes sur les coûts et l'adéquation des politiques industrielles menées souvent d'une façon opaque par ces corps d'élite, et aussi une vrai difficulté à instaurer un débat démocratique comme une certaine transparence dans cette matière. Finalement cet impôt qui ne dit pas son nom, remporte à bon compte une adhésion forcée et massive de tous les citoyens, là où un débat démocratique sur la nature de la société, et de l'avenir qu'on souhaite construire ensemble serait source de clivages insurmontables.

La philosophie de cet emprunt montre que les enjeux actuels et futurs sont toujours implicitement liés à la capacité des états et des entreprises, à centraliser et à concentrer les pouvoirs, pour faire au mieux dans la compétition mondiale. L'argent va donc à l'excellence, sans que celle-ci ne soit bien définie (excellence des polytechniciens traders pour la multiplication des profits financiers ? Excellence du projet SuperPhénix ? Excellence dans la manipulation de ce que l'on fait des déchets nucléaires ?) et provient d'une certaine façon, de la médiocrité (la masse) la valeur dominante, et sûrement partagée par le plus grand nombre. Ce projet ne précise toujours pas ce que les états vont faire des professeurs ratés ou des chercheurs ratés, et de tous les ratés, exclus de fait du système depuis fort longtemps, et qui très certainement, s'il ne se trouvent pas dans le bon wagon, le seront de plus en plus. Tous ceux-là n'existent pas !

Ainsi donc, nous nous apprêtons à re-financer une concentration des pouvoirs financiers, économiques et politiques, cette même concentration qui est fortement remise en cause par une part importante de la société : remise en cause de ces fondements quant à la bonne marche du monde, remise en cause dans le creusement des inégalités, remise en cause quant à ces fondements démocratiques (on aurait pas d'autres choix), remise en cause de la capacité du système à intégrer des valeurs humaines, remise en cause de l'opacité qui autorise ceux qui savent à manipuler les autres.

A l'opposé d'autres solutions sont prônées, peut-être d'une façon utopique mais cela reste à discuter, et proposent d'envisager la créativité, l'innovation, le futur en impliquant beaucoup plus "les gens" médiocres ou pas dans cette construction. Plutôt que de déléguer à des "spécialistes" ce que devront être les moyens nécessaires pour demain, il s'agit de faire déjà avec ce que l'on a, avec qui l'on a, et d'encourager les gens à développer et à partager des solutions collectives aux problèmes qui se posent. Par exemple en développant des réseaux de production décentralisé d'énergie propre, ou en développant des logiciels libres, en émettant de nouvelles monnaies plus adaptés au type d'échanges qu'ils ont entre eux, en usant d'une manière autonomes les biens communs, sans référer à des logiques d'état ou de multinationales. Ces solutions ne sont, ni moins scientifiques, ni moins technologiques que les autres, elles sont simplement moins centralisatrices et préfèrent voir dans la fragmentation des expériences plus de richesse que dans le formatage concentrationnaire. L'inconvénient de cette vision du monde est essentiellement politique, puisqu'elle remet en cause la façon dont se fait la gestion des ressources humaines, au niveau national et bien au delà, et donc la façon dont s'est instituée la domination, des uns sur les autres à l'intérieur d'une société, de certaines firmes sur d'autres, de certains pays sur d'autres, au niveau mondial.

Ainsi ceux qui attendent de ces investissements les prémisses d'une révolution verte risquent de déchanter tant les impératifs économiques pourraient prendre le pas sur l'efficacité modèles innovants, ceux qui militent contre les concentrations économico-politico-industrielles devront passer à la caisse et participer au développement de ce qu'ils rejettent. Les investis, ceux qui prennent la lourde responsabilité de définir notre devenir et notre avenir, devront très sérieusement réfléchir aux manières de distribuer leurs profits (s'ils en font) afin d'intégrer les gens, même les ratés dans leur projet (vaste problème). Nul ne consentira à des sacrifice pour construire un monde d'où il est exclu, à moins que les progrès de la technologie dans laquelle on investit ne permette à terme un contrôle totalitaire des dominants sur les dominés.

jeudi 3 décembre 2009

Nano débat à Alpexpo

Mardi soir 1er décembre, devait se tenir à Alpexpo (Grenoble), un débat sur les nanotechnologies, dans le cadre du Grand Débat National qui se déroule actuellement. Mais, si on a bien eu le temps de brancher les micros, les nanos ont été très rapidement déboutées, le débat annulé, nanifié par la maxi contestation d'un groupe d'opposants. A croire certains commentaires de cet événement, les méchants qui auraient organisé ce coup de force, seraient de la mouvance anarcho-écolo, voire, ultra gauche de Carnac : les adeptes d'un nouveau fascisme obscurantiste. Une minorité d'activistes qui auraient pour unique horizon un retour au moyen âge. D'après Pièces et Main d'Oeuvre qui est une composante de cette méchanceté, le rejet du débat national et de toute discussion sur le sujet, est parfaitement assumé. Ils estiment que les questions ne doivent pas porter seulement sur les risques (à prendre ou à ne pas prendre) liés à ces nouvelles technologies, mais surtout sur la viabilité du monde, de l'avenir, qu'elles vont contribuer à fabriquer. Ils sont très clairs, de ce monde-là, ils n'en veulent pas et ce, quelles que soient les précautions prises dans le cadre de l'exploitation des nanotechnologies.

Les gentils, les organisateurs du débat, les supporters des sciences et techniques, mettent plutôt en avant, les enjeux économiques, la croissance et les emplois induits par ce type de développement, comme le potentiel d'innovation, par exemple pour la médecine. Mais dans le même temps, cette communication positive a du mal à canaliser, voire à ne pas revendiquer aussi, d'autres projets d'applications des nanotechnologies qui ne soulèvent pas forcément l'enthousiasme général. Par exemple, la mise au point d'une peinture sur laquelle les jeunes ne peuvent pas taguer ou grapher (ça s'efface), n'est une formidable avancée pour la propreté urbaine, que si les tagueurs ne s'en servent pas en premier (à moins que de réserver l'usage de ces nouveaux matériaux à certains, mais à qui et pourquoi ?). Au delà de cet exemple un peu trivial, les projets décomplexés, et de plus en plus décomplexés, relatifs à la surveillance (ou au contrôle) des personnes, ceux qui existent déjà, et ceux qui sont envisagés, génèrent évidemment des inquiétudes relatives au devenir des libertés publiques. S'il est séduisant de penser que l'intrusion de infiniment petit dans tous les recoins de la vie quotidienne peut nous aider à résoudre tous nos problèmes, il est aussi réaliste de craindre que le problème des uns soit parfois tout simplement posé par les autres, et vice versa. Et ceux qui ne jouent pas le jeu, ceux qui refusent, ceux qui ont des choses à cacher, ceux qui ne sont pas dans la norme, ceux qui ne font pas partie du plus grand nombre n'ont guère envie de se retrouver nano-technologiquement stigmatisés. Peut-être que le débat public avait justement vocation d'envisager la manière dont ces nouveaux usages devront être socialement et politiquement encadrés et régulés. Assurément, les supporters des nanotechnologies ne souhaitent pas plus que d'autres assister à des dérives totalitaires.

Les "ni gentils ni méchants", les gens, attendent et comptent les points. Ils constatent que les budgets consacrés aux nanotechnologies sont colossaux, mais qu'on les dit encore insuffisants. Ils constatent que ces budgets ne sont plus affectés à d'autres activités (ringardes, plus rentables ou laissées en friche). Ils constatent qu'au vu des enjeux stratégiques et économiques, ils ne comptent pas pour grand chose. Ils constatent que "les impératifs d'un système", quel qu'il soit, économique, industriel, ou autre, s'imposent à eux, sans qu'ils n'aient vraiment d'autres choix que d'accepter et de s'adapter. Finalement ils ne pensent pas grand chose des nanotechnologies : un bon plan pour trouver du boulot ? Pour dynamiser l'économie locale ? Pour la fierté d'être toujours meilleur que les Chinois ou que les terroristes ? Pour que des privilégiés deviennent immortels, sur-puissants, ou pour que des spécimens de l'espèce humaine puissent fuir sur Mars et échapper à une catastrophe climatique, nucléaire ou technologique ? De ce monde-là, ils en veulent bien, mais que si on ne peut vraiment pas faire autrement !

mercredi 2 décembre 2009

Un questionnaire pour les précaires : premiers résultats

http://biens-communs.blogspot.com/2009/10/un-questionnaire-pour-les-precaires.html

Premiers résultats

Rendez nous l'argent !

Quand on arrête de dire du mal, de la France, de l'économie, des patrons, eh bien, tout va mieux ! La bourse remonte, les bonus remontent. Mais d'où vient l'argent ?




http://www.marianne2.fr/La-crise-repart-a-la-hausse-a-France-Inter_a182908.html

http://biens-communs.blogspot.com/2009/10/140-milliards.html

Travail en souffrance

France 3 a diffusé récemment un très bon documentaire sur la souffrance au travail : la mise à mort du travail, une série documentaire de Jean-Robert Viallet. Ce film donne quelques éléments chiffrés concernant ce phénomène. Ainsi les problèmes de santé liés au travail concerneraient en France un million de personnes, à l'échelle européenne, le coût estimé de ce qui relève des maladies professionnelles et des accidents du travail, représenterait 3 à 4% du PIB des pays Européens. Ce qui est énorme. D'après l'Institut de Veille Sanitaire, la souffrance ou la détresse psychique liée au travail toucherait 1/4 des hommes et 1/3 des femmes en France. On dénombre chaque année, 300 à 400 morts reliées à cette situation. Ce chiffre est peut-être en dessous de la réalité car le sujet est relativement tabou dans la société, il n'est pas reluisant de "souffrir à son travail", là où les autres supportent.

Malgré ces statistiques assez inquiétantes ce thème n'est que rarement abordé dans les médias. Ce sont les différents suicides des salariés de Renault et plus récemment de France Télécom qui l'ont amené au devant de la scène. On a alors mis en lumière des pratiques de management discutables et commencé à évoquer la responsabilité des employeurs dans ces drames. Devant l'éloquence des témoignages de salariés soumis à des pressions quotidiennes de plus en plus importantes, les responsables des entreprises ont été obligés de mieux prendre en compte le phénomène, en tout cas d'arrêter de le nier, en veillant plus particulièrement aux conditions de travail et au stress généré par ce dernier. Quelles que soient les mesures qui seront prises, les différents articles et documentaires qui traitent du sujet démontrent comment la rationalisation des tâches, l'individualisation du travail conduit à un système de fonctionnement de plus en plus lourd à supporter pour les salariés, tout autant psychologiquement que physiquement. Il faut savoir par exemple qu'une caissière en grande surface déplace environ une tonne de marchandise par heure.

Mais après cette mise en lumière brutale, le sujet a rapidement été occulté par d'autres actualités plus importante, pour mieux comprendre "dans quel France je vis ?", comme par exemple la main de Thierry Henry, et est passé au second plan. Il y a quelques jours le journal les échos est revenu sur ce thème par l'intermédiaire d'un sondage TNS-Sofres sur la relation employeur/employé. Cet article, relayé par France Inter évoque une crise de confiance profonde entre les deux parties, les chiffres sont édifiants puisqu'à peine 42% des salariés du privé auraient encore confiance dans leur patron, dans le secteur public c'est encore pire. Mais assez bizarrement, le commentaire de ce sondage, dans ce journal plutôt proche du patronat, est présenté comme une assez bonne nouvelle : je cite, "Alors que la question du stress occupe depuis quelques semaines le devant de la scène médiatique, l'enquête ne montre pas qu'il constitue une préoccupation majeure. Xavier Lacoste y voit le signe qu'« il serait imprudent de résumer le malaise actuel dans les entreprises à une simple question de stress et de risques psychosociaux ». Pour lui, « il tient au moins autant à des incompréhensions sur les orientations stratégiques ou encore les politiques de rémunération »." Xavier Lacoste est le directeur général d'Altedia, la société de conseil en ressources humaines pour laquelle a été réalisée cette enquête. Autrement si les salariés comprenaient le bien fondé de leur souffrance, pour l'amour des orientations stratégiques de leur patron, ils iraient forcément mieux ! Merci pour les conseils en ressources humaines.

Mais le pire dans cette histoire est qu'en se rendant sur le site de TNS-Sofrès, on peut lire le résultat du sondage, et constaté qu'aucune question ne traite de la souffrance au travail, mais bien seulement de la confiance entre employeurs et employés. On y apprend d'ailleurs que le sentiment de confiance envers les employeurs varie selon la sensibilité politique, ainsi les électeurs de l'UMP ont plus confiance dans leur patron que les autres, et sont plus satisfaits de leur rémunération.

Alors si vous gagnez seulement 900 Euros par mois, dans une boîte bidon et dans une ambiance pourrie, si vous voulez garder le sourire, et ne pas être victime de détresse liée à votre travail, commencez par comprendre votre patron qui ne peut pas faire autrement que de vous exploiter compte tenu de la conjoncture économique difficile et concurrentielle, et surtout votez UMP, vous verrez ça ira tout de suite mieux. Merci pour les conseils en ressources humaines.

samedi 28 novembre 2009

En vrac

Générosité bien ordonné commence par soi-même, pour ceux qui veulent participer au masturbate-thon cliquer ici. Pour plus d'informations notamment sur la générosité des candidates, cliquer ici

Sur la générosité des villes à laisser aux SDF le luxe de s'assoir : voir ici

Les industriels distribuent généreusement des matières radio-actives ; ici

Sur le scénario d'une banqueroute généreuse de l'état Américain, cet article

jeudi 26 novembre 2009

Patrick Balkany candidat au Goncourt 2010

On connait Patrick Balkany comme un ami proche du président de la république. Accessoirement, il est aussi député maire UMP de Levallois-Perret dans les Hauts de Seine, le département le plus riche de France. Après des démêles avec la justice, qui l'avait rendu inéligible quelques temps, les électeurs, qui apprécient certainement les qualités du personnage, l'ont reconduit dans ses différents mandats.

Jusque là, cet homme politique n'avait guère fait parler de lui dans les cercles littéraires. C'est aujourd'hui chose faite, il a dévoilé dans une interview télévisée exclusive, un récit exemplaire, plein de nuances et de finesses sur le thème de la France éternelle. Dans une période de difficultés économiques, sociales, culturelles et politiques, sans précédent, Patrick Balkany a su faire sonner justement les mots de notre belle langue française, pour rendre plus vraie que nature, Sa France généreuse, où la pauvreté est relative car chacun paie selon ces moyens, Sa France tolérante, qui n'interne pas les marginaux, libres qu'ils sont de choisir de vivre dans la rue si tel est leur projet, Sa France magnanime, qui prévoie malgré tout pour eux, des hébergements d'urgence en cas de coup dur, de grand froid, pour qu'ils puissent trouver refuge même contre leur gré, et ainsi poursuivre leur projet jusqu'à son terme.

Eric Raoult, qui récemment a fustigé l'ingratitude de la dernière lauréate du prix Goncourt, Marie N'Diaye, peut exulter. Enfin il tient cet auteur qui fait rayonner le génie français bien au delà de nos frontières. Il tient aussi la preuve du lien étroit qu'entretient l'économie avec l'image qu'on peut donner à l'étranger, puisque même le CAC 40 aurait donné des signes de frémissement : des milliardaires de toutes les nationalités se seraient déclarés prêts à mettre le prix fort pour acquérir ce petit coin de paradis, qu'est notre beau pays : la France.

Ce talent caché pour les contes et les arts du récit n'avait pas échappé à Gaël Tchakaloff qui avait dressé un portrait de Patrick Balkany dans le nouvel Economiste de décembre 2004. Dans cet article, le journaliste a vraiment su mettre en perspective le parcours romanesque de cet homme politique hors normes. Dans un passage intitulé, le petit chaperon bleu (en référence à la couleur de sa famille politique), on peut voir comment une suite d'événements prosaïques est incarnée avec bonheur dans la trame d'un conte populaire. Je cite :

"Politiquement dévoré par un loup déguisé en mère-grand. Personnellement perdu dans une forêt amoureuse. Voici comment il raconte ses déboires… Il a de sacrés dons de conteur, ce Patrick.(...). Poursuivi pour diffamation par le juge Halphen ; battu aux élections municipales par Olivier de Chazeaux ; condamné à quinze mois de prison avec sursis, 200 000 francs d’amende et deux ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêts ; mis en examen pour détournement de fonds publics provenant des œuvres sociales de la ville… Voilà une traversée du désert comme on en fait plus. Sa conquête amoureuse de Sybille Jacquin de Margerie, livrée aux médias, n’a rien arrangé. Il s’en explique aujourd’hui : « J’ai eu une passion amoureuse, comme cela arrive à beaucoup d’hommes, je crois. Après une dispute très banale, Sybille est descendue dans la rue. Il se trouve que j’avais à l’époque un permis de détention d’armes, et cela s’est traduit par une dépêche indiquant que je l’avais menacée… »(!) Alors, il est parti pour Saint-Martin. Un exil de trois ans, durant lequel il monte une régie publicitaire, pour passer le temps. Rattrapé par sa réputation, le CSA le somme, en 1998, de cesser les émissions de la radio qu’il s’est appropriée…"

En comparaison, le dernier succès en librairie de Fréderic Mitterrand peut paraître un peu fade. Les histoires tortueuses, de boxeurs Thaïs de plus de quarante ans sont lourdes à digérer, trop ténébreuses, trop d'épaisseur. Par contre dans les années à venir, il faudra conter avec l'exotisme intérieur d'un Patrick Balkany, maître de la fiction sociale, un genre nouveau, qui mêle l'argumentaire de la vente à domicile à l'épopée d'une nation en quête d'une prophétie qui se réalise enfin.

mercredi 18 novembre 2009

News en vrac

1 Microsoft, qui est déjà propriétaire exclusif du double-click de la souris, vient de déposer un brevet aux USA pour une fonction que les logiciels libres et Apple utilisent depuis les années 80. J'hésite encore à déposer un brevet pour la fonction on/off, des fois que pour ne pas payer les royalties Windows démarre mais ne s'éteigne jamais.

2 Les USA sont un pays réputé pour le caractère sacré du droit de propriété. Pourtant une affaire récente d'expropriation a démontré qu'il était possible de remettre en cause ce grand principe. Il s'agit de l'histoire de petits propriétaires (affaire Kelo) expulsés de chez-eux parce qu'un juge a trouvé recevable le motif d'un promoteur qui affirmait pouvoir tirer plus de profit des lots incriminés. En gros, poussez-vous de là les familles pépères, j'arrive avec un gros projet qui va développer plein d'activités, et je suis prioritaire ! (en droit ça se dit je suis d'utilité publique). Dans ce cas précis ils ont viré tout le monde, mais n'ont rien fait à cause de la crise. Donc il faut se méfier des mégalomane qui pourrait trouver d'utilité de publique remplacer un quartier d'habitation par une zone commerciale.
En france, d'après cet article, ce genre de chose se passe aussi, mais en faisant beaucoup moins de bruit, notamment pour construire des ZAC.

3 Et si les Américains payaient aujourd'hui leur trop grand amour du capitalisme : c'est le sujet du dernier film de Michael Moore : Capitalism a love story.

mardi 10 novembre 2009

Le droit de se taire

On peut lire dans un article tiré des inrocks dans rue 89, lire l'article

« Monsieur Eric Raoult attire l'attention de M. le ministre de la Culture et de la Communication sur le devoir de réserve, dû aux lauréats du Prix Goncourt.

En effet, ce prix qui est le prix littéraire français le plus prestigieux est regardé en France, mais aussi dans le monde, par de nombreux auteurs et amateurs de la littérature française.
A ce titre, le message délivré par les lauréats se doit de respecter la cohésion nationale et l'image de notre pays. »

Quand t'es primé pour tes écrits, le droit de réserve s'impose, tu arrêtes d'écrire. Quant tu as le Nobel de Maths, tu arrêtes de calculer des fois qu'il te viendrait à l'esprit de vérifier les statistiques économiques. Avec le Nobel de physique, interdiction de parler centrale nucléaire, celui de chimie d'environnement, celui de médecine de grippe A, avec le Nobel de calendrier on ne parle plus de date. Et on fait ça pour que la France conserve dans le monde une image prestigieuse : le pays de la liberté pour dire exclusiment des grosses conneries ?

Non désolé, moi j'étais à la prise de la Bastille !

Un Zapping radio toujours sur le même thème : où était donc le président le 9 novembre 1989, à l'ouest, à l'est, sous, sur, derrière le mur ? Benoît Hamon dit qu'il n'était nul part, et s'il n'était nul par c'est qu'il pouvait être un peu partout (dispersé comme d'hab'). Le ministre des affaires étrangères ça ne l'intéresse pas de savoir qui a cassé le mur. Que ce soit Abel Ferrara, les palestiniens, le pape, Gorbatchev, lech Valessa, David Hasselhoff, ou le président, ils avaient tous de bonnes raisons pour le faire. Comme Benoît Hamon n'y était pas et que donc il ne peut pas savoir qui y était, il vaut mieux croire le président qui lui était bien là. (La dernière phrase c'est bien ce que Kouchner a dit ce matin mais ça n'a pas été repris dans zapping ! )
Ecouter le zapping

Pour finir un souvenir de circonstance : Pink Flowd, an other brick in the wall (Je ne me rappelle plus qui jouait le rôle de la chair à saucisses à la fin du clip!)


http://www.youtube.com/watch?v=M_bvT-DGcWw

lundi 9 novembre 2009

Moi aussi j'y étais !

Un lien vers un article d'Olivier Bonnet paru dans Agora Vox qui dissèque la belle histoire raconté par le président sur son blog à propos de sa présence (encore + rapide que celle de BHL) au moment historique de la chute du mur de Berlin. Bien écrit, bien raconté mais ce n'est que du flan d'après cet article. En même temps il n'y a pas de raison d'empêcher les mythos de s'exprimer sur internet !
Lire l'article

jeudi 5 novembre 2009

Hommage à Claude Lévy Strauss

Les guignoles de l'info le 4/11/2009

Souffrance au travail

Après les excellents documentaires diffusés par France 3 sur la souffrance au travail, ARTE remet le couvert mardi 17 novembre à 20H35 en proposant une soirée Thema.http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Burnout/2892482,CmC=2918800.html

De quoi reprendre foi dans le chômage ?

mardi 3 novembre 2009

Fédérer les blogs

On peut commencer par reprendre l'intervention que Fréderic Lefebvre avait fait à l'assemblée nationale l'an dernier :

« L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes !
Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ?
Combien faudra-t-il de morts suite à l’absorption de faux médicaments ?
Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ?
Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ?
Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ?
Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde. [...]
La mafia s’est toujours développée là ou l’État était absent ; de même, les trafiquants d’armes, de médicaments ou d’objets volés et les proxénètes ont trouvé refuge sur Internet, et les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs y ont fait leur nid. »


On peut lire cet article qui lui a été consacré à ce moment là. Au passage on peut aussi apprécier sa photo.

Et on peut constater que cette position a été reprise par l'un des régimes les plus démocratiques de la planête, la démocratie dirigée de la Russie. En effet dans un article plus récent daté du mois de septembre, on peut lire que les mêmes arguments sont repris par le Kremlin pour justifier la nécessité d'une censure sur internet (lire l'article). Une censure qui n'est évidemment pas établie par l'état, donc pas politique, mais par "un corps indépendant" qui déciderait de ce qui est acceptable ou pas. Une sorte de conseil de l'ordre des journalistes comme l'ont encore proposé très récemment certains députés de la majorité afin de limiter les dérapages médiatiques (ceux des affaires Mitterrand, ou Jean Sarkosy). On pourrait sans crier gare glicer d'un régime hyper-présidentiel, à un régime ultra-présidentiel, passer de l'idée des pouvoirs concentrés pour gagner en efficacité, à celle des pouvoirs encore plus concentrés pour que cette efficacité ne soit plus contestée.

Le livre de demain ?